
Mercredi 18 Novembre Bonjour,
Pourquoi
ou plutôt pour qui ce "bonjour" puisque 3 semaines de silence
n'ont fait réagir personne ... alors "Bonjour" à
moi-même et aux mains lointaines. Ecrire, se forcer à écrire
pour ne pas garder les mots, pour ne pas m'enfermer en moi, pour comprendre
mes idées, pour maitriser mes idées ... car depuis que je
n'écris plus, je cogite !!!
Après
la conférence de Guy Sévigny (*),
les quelques personnes "pas pressées" de rentrer chez
elles, nous sommes allées manger une pizza et après ce repas,
j'ai discuté un peu avec Guy. cette rencontre a provoqué
en moi des sentiments inconnus, une impression de parler à un miroir
ou plutot le sentiment de parler à un double, à un autre
moi-même, de parler à quelqu'un qui comprend mes mots sans
qu'il soit utile de les expliquer.
Si je
vous dit "La nuit je ne dors tranquille que si je ne laisse la pièce
d'à coter allumée et la porte entrouverte, ou avec une veilleuse
...", votre regard se fera rieur "T'as 29 ans tu sais !!!",
moqueur "A ton age !!!", ou incompréhensif "Pourquoi
?".
Si je
dis cela aux mains lointaines, elles me serreront fort dans leurs bras
car elles connaissent mes nuits difficiles entre reve et réalité.
Mais pour
Guy, cela signifiait réellement la même chose que pour moi
... une lumière permet de saisir immédiatement son environnement
quand on se réveille dans son rêve où l'on est dans
son passé, où l'on regarde en face de soi et où ce
que l'on voit n'est pas la réalité du moment mais celle du
passé.
Cette
expérience m'a fait penser aux jumaux qui d'un regard, d'un mot
déduisent la pensée entière de l'autre. Cette discussion
avec Guy m'a rassurée sur "mes ressentis" actuels, sur
mes réactions face à certaines situations mais cette expérience
m'a aussi déstabilisée ... En plus j'ai oublié de
faire attention aux mains lointaines dans cette histoire et je sais que
je les ai blessées en ne sachant pas leur faire partager mes sentiments
sur ce que je vivais, ce que je ressantais.
J'ai aussi
blessé les mains lointaines en essayant de vivre au jour le jour
sans penser plus loin que le bout de mon nez et elles ont eu peur que je
n'ai plus envie de divorcer ... alors depuis je cogite et je me dis, divorce
vite et en même temps je n'ose toujours pas sauter le pas ... J'aimerais
tellement être à l'étape suivante ... déjà
divorcée sans avoir à vivre mon divorce.
Bref,
je pense, je cogite, je suis à nouveau mal face aux mots ... et
je fais du mal aux mains lointaines en n'étant pas capable de vivre
"correctement" mes mots et ses mots.
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Ce qui s'est passé à cause de cette soirée c'est qu'en premier je ne comprenais pas ce qui s'était passé et ce que ça te faisait. Tu es revenue un peu bizarre, et je ne savais pas comment te parler et comment te demander de m'expliquer. Ensuite, j'ai eu peur de ce qu'allait te faire cette soirée à entendre des gens parler de ce qui t'est arrivé et à en parler pendant des heures. Je ne savais pas si tu allais tenir le coup. Et même à ton retour, je n'ai pas vraiment su ce qui s'y était passé parce que tu n'entrais pas dans les détails. Et puis il y avait aussi la peur de ce qui attait se passer après. Comme tu étais revenue si impressionnée et intéressée par cette personne qui te comprenait mieux que je ne pourrai jamais te comprendre, j'ai eu peur que tu décides qu'elle était mieux que moi en fin de compte. J'étais jaloux.
Mais je ne veux pas que tu te sentes responsable. Si cette soirée t'a apporté quelque chose alors ce n'est pas important que je l'aie pas bien vécue. Je ne veux pas t'enfermer, surtout quand tu peux trouver des réponses à tes questions dehors. Par exemple comprendre que tu as toujours eu des réactions normales comme je te le disais, mais que ça ne prenne vraiment de sens que quand c'est Guy qui te le dit. Si d'autres occasions se présentent, ne les laisse pas passer à cause de moi.