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Mardi
21 Juillet
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Je suis
en colère depuis hier et j'ai bien réfléchi, je râlerai
en direct.
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Il y a
quelques jours, j'ai envoyé des messages sur ce journal pour des
diaristes (*) car je n'arrivais pas à
leur écrire mes mots autrement. Ne dites pas que si j'avais le courage
de mes opinions, j'écrirais directement à chacun, je suis
tellement fâchée avec les mots, les idées que je n'y
arrive pas. Les deux diaristes avec lesquels j'arrive à échanger
des "vrais" messages le savent bien ...
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Alors
d'abord, je voudrais par réaction, dire à nos lecteurs que
Nous existons dans la vrai vie, les mains d'ici sont féminines et
habitent en France, les mains lointaines sont masculines, françaises
et habitent à l'étranger, ce que nous racontons dans Le Journal
à Quatre Mains est vraiment ce que nous vivons en ce moment, ce
que nous avons vécus dans le passé et ce que nous espérons
vivre dans le futur. Si les quatre mains ont choisi l'anonymat, c'est à
cause des mains d'ici qui sont mariées et qui pour l'instant n'arrivent
pas à assumer ce qu'elles vivent avec les mains lointaines.
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Hier j'ai
lu différents journaux et j'ai appris que ce que l'avocat racontait
n'était que pure fiction ... Je me suis laissée comme d'autres
rouler par sa tristesse face à la disparition de Catherine ... j'ai
été cloche de perdre mon temps à chercher des mots
pour lui faire comprendre que je partageais sa douleur. Je ne lui dirai
qu'une chose, jeune fille, jeune homme, vielle dame ou vieux bonhomme,
je vous déteste. De quel droit jouez-vous avec les sentiments du
deuil de l'être aimé. Cette douleur est atroce, l'instant
où vous apprenez que la personne que vous aimez est morte est à
jamais marqué en vous. J'ai cet instant au fond de moi et ce soir
j'aimerais qu'un jour vous subissiez réellement cette douleur qui
vous cheville le coeur, et j'espère que vous n'aurez jamais à
la vivre car je ne peux souhaiter cela à personne. Vous devez être
bien seul(e) ou bien déçu(e) face à votre vie pour
jouer avec des sentiments si forts. La vie est parfois tellement cruelle,
la souffrance est tellement difficile à vivre, à évacuer,
elle fait tellement souffrir ceux qui vous aiment quand ils n'arrivent
pas à arrêter votre douleur malgré leur amour pour
vous, que je ne peux pas admettre votre jeux.
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J'espère
que les autres diaristes auquel j'ai écrit dans ce même message
sont sincères ...
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Les mains lointaines ... pardonnez cette colère.
Je ne
partage pas complètement ton avis. Le fait que certains journaux
soient pure/partielle fiction ne me dérange pas. Il n'a jamais été
dit qu'il fallait que tout ce qui est écrit soit vrai (même
si certains comme nous ont décidé de ne dire que la vérité,
aussi monotone soit-elle). Certains vrais journaux intimes sur papier sont
même parfois romancés parce que c'est plus confortable vis-à-vis
de soi-même de lire des choses bien sur soi, même si on sait
qu'elles ne sont pas vraies, on s'arrange avec sa conscience. Je comprends
tout à fait que certains préfèrent romancer leur journal,
voire même l'inventer quand ils trouvent que leur vie n'est pas assez
mouvementée.
Par
contre, je suis d'accord sur le fait que si les choses écrites ne
sont pas vraies, elle devraient éviter de blesser les gens. C'est
normal de risquer de les blesser en racontant des faits réels durs
(mes petites mains adorées en savent quelque chose) parce que les
lecteurs, en venant lire le journal, acceptent de prendre le risque de
trouver des choses qui les dérangent. On leur dit implicitement
«attention, ceci est la vraie vie, tout n'est pas beau à voir».
Ce n'est pas une question de naïveté, c'est un échange
entre l'écrivain et le lecteur. Mais cet accord n'est valable que
parce qu'en échange les choses difficiles sont vraies et qu'on ne
peut pas les changer. Si le journal est romancé, alors il n'y a
plus de justification à prendre le risque d'être blessé.
On peut changer les choses fausses pour les rendre acceptables. Où
est le plaisir de blesser gratuitement ?
Alors
que l'histoire soit vraie ou pas, si vous romancez votre journal on-line,
pensez à ceux qui le liront.